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26/08/2019

Tout est chaos Mylène...

Plaquer le job et être payée à faire un métier que j’aurais crée. Un job qui consisterait à mettre des paillettes au quotidien et à aider les gens à assumer les leurs tout en écrivant ma « average life in a very small city » avec le dressing de Carrie Bradshaw mais l’esprit de Blanche Gardin (la légère tendance anti-féministe en moins). 
C’est à peu près à ça que je rêve tous les matins où je suis accroupie entre deux wagons de train blindé, train qui m’emmène passer 8h30 de ma vie par jour à développer mon rhumatisme mental face au monde tel qu’il est. 
D’un autre côté, je ne l’ai jamais vraiment imaginé autrement, ou plutôt oui, sauf que j’ai rapidement compris que l’écho produit par mon imaginaire resterait probablement restreint.

Le souvenir de mon premier vertige ; j’avais 5 ans, j’étais en vacances avec mes parents à New-York, nous étions montés en haut d’une des tours jumelles. Derrière la baie vitrée, on pouvait percevoir le léger mouvement du bâtiment et on voyait surtout l’agitation d’en bas, l’infiniment bruyant, devenu alors l’infiniment petit et dérisoire. Ce souvenir est physique pour moi, jambes coupées par le vide et souffle happé par la prise de conscience. L’angoisse originelle. 
Le temps passe, les parents divorcent, les grands-parents prennent le relai, ils meurent à deux ans d’intervalle alors que j’entre en adolescence. Surpoids, moqueries, étrangère à mon propre corps, un peu submergée par mon esprit.

J’ai 15 ans, je regarde un documentaire avec ma mère. Nous ne sommes alors plus que toutes les deux. Elle me laisse fumer des clopes et s’agace de mon amour du Nutella.
À la télévision, les images d’enfants des rues se succèdent, Rio je crois. Ils sniffent de la colle dans des sacs en papiers, ils volent pour survivre, livrés à eux-mêmes. Des regards dans le vide.
D’un coup, j’ai la sensation extrêmement douloureuse que mon plexus se déchire en deux et qu’une lame tranchante se précipite dans la plaie. Mon cœur s’emballe, vite, trop vite. Le souffle me manque, ma tête tourne, j’ai une peur irrépressible et l’idée certaine que je vais mourir. Première crise d’angoisse.

Commence alors une phase très longue, trop longue de ma vie. Une vie balancée entre les attaques de panique quotidiennes, une peur de mourir de tout en permanence et une médicalisation outrancière. L’angoisse m’accompagnant jusque dans mon sommeil, je me refusais d’ailleurs à dormir, luttant jusqu’au moment où mon corps abandonnait ou quand le médicament du moment était plus fort que moi. 
Le psy chez qui on m’emmène est un des seuls du coin, il ne parle quasiment jamais pendant les séances et fume des clopes en même temps que moi. Il dégaine les ordonnances beaucoup plus rapidement que les phrases. Je les connais tous ou en tout cas, je les connais bien. Je ne les utilise plus depuis longtemps maintenant mais leurs noms restent gravés dans mes cellules sans doute. Je développe mes préférences, Xanax est le roi alors que lutter contre l’Immovane est un jeu. Prozac me rend folle. Solian fait de moi une épluchure de légume dans un compost. 
Le temps passe, les kilos m’enrobent puis se dérobent. Les séjours au vert mais en blanc se succèdent. Je continue malgré tout. Des accalmies me permettent de finir le lycée, de passer mon bac. Le théâtre me sauve. Le reste de ma vie peut alors commencer. J’ai 20 ans.

Bien sûr il y aura des rechutes, mais elles seront moins fréquentes. Une sera plus grande et mettra sans doute un terme à un peut-être début de carrière pas si mauvais. Mais je ne le saurai jamais. Elle sera la dernière à ce jour. Il y aura surtout l’abandon des traitements qui ne me servaient vraisemblablement qu’à développer ma connaissance des molécules. Il y aura encore plus le départ pour Saint-Pétersbourg et un séjour qui remettra en place mes cellules et mon esprit et me donnera des perspectives. Puis la suite, l’Université (mais pas assez), mes jobs qui ne se ressemblent jamais. L’apprivoisement de ce que je suis quand je le comprends enfin après tant d’années d’errance ; à 33 ans.





La rencontre de mon amoureux, les enfants, le déplacement de l’égo et enfin une sorte de calme privé.

C’est un récit pudique, une sorte de témoignage avec un filtre pour Instagram. Au fond, je sais que la colère que je ressens souvent quand je regarde notre monde, vient aussi de là. La santé mentale ne doit pas être tue, il n’y a rien non plus de si important qu’elle doive néanmoins être criée. On fait comme on veut en fait. Mais elle ne devrait pas faire peur. 

Après tout, nous vivons dans une réalité où des pompiers pyromanes souvent, nous dirigent, où l’écologie est vue comme un truc chiant par ceux qui décident de passer des accords de libre échange pour que l’on puisse tranquillement bouffer de la viande de l’autre bout du monde. Où militer est devenu un truc de « bien pensant » et où l’on estime que les féministes* desservent automatiquement leur cause à vouloir s’attaquer à plusieurs pans de la domination. 
C’est vrai, c’est tellement poilant de se foutre de la gueule de celles et ceux qui ont des envies ou des convictions.
À mon sens, c’est plutôt ça qui devrait faire peur. Ce renversement des déconstructions.
Ce besoin irrépressible de chier dans les bottes des indigné.e.s sincères. 
En même temps l’indignation est soldée sur les réseaux sociaux, la conscience tranquille se mesure au like. Le mot « bienveillance » est vidé de sa substance, devenu un élément marketing ou pire, de management en entreprise. Bon, je pose ça là. Cela n’a rien d’inédit. C’est simplement écrit comme ça, pour être écrit. Par besoin.

Je pense à un de mes amis chers qui me glissait son désarroi, car plus rien pour lui n’avait vraiment de sens. En réponse,  je lui demandai s’il avait déjà essayé la religion. Rires, nous voilà bien avancés. Elle est sans doute là l’angoisse originelle. Elle nous submerge parfois et souvent on vit simplement avec. 
Le monde continue sa course folle, chaque époque avec ses aberrances et ces autres qui préfèrent oublier leur santé mentale au profit du profit et au détriment de notre terre. Après nous le déluge. 
Mélange de toute puissance abjecte face au ressenti d’impuissance désespérante. 

Je tends au véganisme, ou du moins à une consommation restreinte et raisonnée des produits issus de l’exploitation animale, j’ai fait des enfants (paraît que je n’aurais pas dû si je voulais vraiment sauver la planète) je ne prends plus l’avion (ça m’arrange car c’est pas comme si je pouvais vraiment me le permettre) je n’achète plus trop de fringues, je consomme bio, de saison, local (enfin au début du mois surtout) j’expose mes convictions à mes collègues qui me prennent pour une originale, j’explique, je questionne, je m’éduque, j’éduque, je débats. Je m’essaie à la cohérence, je rame.

Notre monde entier devrait être sous Xanax.  J’insiste sur un point fondamental, cela n’empêche pas d’être heureux.
Mais notre monde est tellement désenchanté qu’il peut faire frémir.
C’est effectivement particulier de se dire qu’au bout du compte, que ce soit Max Weber ou Mylène Farmer, c’est finalement le même combat.



26/11/2018

Un caillou

Voilà, ça y est, j’ai 40 ans. Logiquement, et bien que je tente malgré tout de ne pas le faire, cet âge occasionne depuis un moment comme une sorte de bilan mental. 
J’ai pourtant la sensation de ne pas être particulièrement en crise ; ni plus ni moins qu’avant en réalité. L’intranquilité est chez moi une façon d’être au monde, sans doute.
C’est ce caillou dans la chaussure qui m’empêche d’avancer de façon totalement sereine.
En même temps, cette dernière année ne fut pas la période la plus simple de mon existence ; mais elle a eu pour résultat de placer en perspective pas mal de choses en moi et de rétablir une sorte d’équilibre du regard sur ce que je vis et ce qui m’entoure.
Être confrontée à la médecine pédiatrique, la vraie, les épreuves liées à la santé d’un nouveau né, les séjours à l’hôpital, les croyances, les désirs de magie et j’en passe, m’ont rendue assez intolérante à l’ésotérisme de réseaux sociaux, à la bienveillance de pacotille et aux gourous en tout genre qui prône la fin de l’égo tout en vendant le leur, lequel en général prend plus de place que tous les malaises réunis de leurs suiveurs.
Pourquoi je m’agace avec ça ? N’est ce pas un peu d’énergie perdue ? Et finalement n’est ce pas tout aussi ego trip que de l’écrire pour le partager…?
Peut-être. Mais en même temps je n’ai rien à vous vendre, je n’estime pas être apte à vous aider pour quoique ce soit. Je vous parle ; si ça vous dit vous lisez et sinon vous laissez. 
Je suis hyper perdue face au flot quotidien d’informations, aux polémiques,  aux nouvelles modes alimentaires, aux tendances des pensées, aux néo-réacs qui pullulent dans tous les coins sous couvert de déconstruction du progressisme…
Sociologiquement, réflexe de base chez moi, j’arrive à faire le tri, à raisonner. Mais l’émotionnel vient toujours bousculer mon pragmatisme et ma capacité à m’en foutre pour me donner envie de « faire justice » (enfin comme j’estime que c’est juste bien sûr).
Je suis profondément atteinte par les choses que je ressens comme injustes, toujours et depuis toujours. Cela me tend, me fait mal et parfois m’attriste intensément.
Il y a ces temps tellement de petites roues dans ma tête que j’ai du mal à faire le tri. Je n’ai plus beaucoup de temps à moi, hormis au milieu de la nuit comme maintenant. Je n’ai plus le temps d’écrire autant qu’avant alors que j’en ai un besoin quasi physique. Mes carnets restent vides. Je ne me suis toujours pas remise au sport, alors que mon corps à présent trop lourd le demande en criant chaque jour. Bref je me plains et m’agace, mais c’est cette colère qui me fait avancer, qui me permet de ne pas me contenter et de me battre pour ce qui me tient vraiment à cœur. 

C’est presque une forme de rage. Je ne suis pas agressive, enfin pas souvent, mais je peux l’être quand ça sort de moi et que je ne parviens pas à le dompter. 
En même temps compte tenu de mon histoire, c’est quelque chose d’assez normal. J’ai passé beaucoup trop d’années à ne pas écouter mes pensées et envies. On m’a pendant longtemps aussi fait penser que je n’étais pas totalement équilibrée (comme si c’était possible) ; on m’a gavée de médicaments sans trop écouter ce que je racontais entre 15 et 20 ans. 
J’ai fait les frais d’une psychiatrie assez agressive de province française. 
Il me faudra sans doute un jour écrire sur le sujet.
Il aura fallu certaines rencontres pour que je remonte dans ma propre estime mais surtout il aura fallu que je le décide. Car je le pouvais. Cela n’est pas toujours le cas, on ne le peut pas forcément. Mais personnellement, le choix, la décision, auront toujours été porteurs d’énergie folle et de changement. Je ne parle pas de la décision que l’on prend au quotidien de faire une chose ou l’autre. Je parle de cette décision qui vient du plus loin en soi ; celle qui ne te laisse plus aucune autre possibilité que de l’écouter et d’agir en conséquence. C’est cette dernière qui m’a donnée la possibilité d’accepter de ne pas voler toujours complètement droit, de m’égarer souvent pour cueillir des fleurs au lieu de planifier le bouquet. Mais c’est cette ballade dans un monde où je me suis toujours un peu sentie sur le côté, ballade que j’ai décidé d’entamer vraiment vers 20 ans avec un caillou dans la chaussure au lieu de m’arrêter dans un coin sombre, qui a fait qu’aujourd’hui je me sens presque complète. 

J’ai la chance d’avoir construit une bulle qui me rend intensément heureuse. Il manque évidemment une autre bulle, celle des heures les plus longues de nos semaines, celle où j’accepterais enfin d’avoir des ambitions et peut être des talents pour des choses. Oh je m’en sors toujours bien sûr, mais ce n’est pas vraiment complet. Et trop de trucs m’agacent tout le temps, ces « trucs » je les vois en général dès que j’arrive dans un système. C’est un peu fatiguant car même si je tente de ne pas les voir, ils me tapent à la figure quand même. Et il ne s’agit pas d’avoir raison, il s’agit alors de supporter ces trucs et de survivre dans ce système et surtout de se planquer un peu sans trop souvent hausser la voix. Faire tranquille ce qui nous est demandé sans trop pester contre les règles. On se fait à tout, un peu comme on se fait au lait de soja. Pour tout vous dire je trouve même ça bon. En même temps je n’ai jamais vraiment aimé le lait. 
Ce qui me ramène à ma fille, qui elle non plus depuis qu’elle mange enfin sans sonde et pompe, ne veut pas voir approcher de sa bouche du lait artificiel à base de lait de vache. J’entends déjà celles et ceux qui me diront que le lait pour bébé, le vrai, est le lait maternel ; bah oui elles et ils ont raison mais en même temps je les emmerde là pour le coup, car leur bonne conscience n’aura sans doute jamais été confrontée à devoir faire avec la situation où t’as même plus le luxe de te demander si tu continues l’allaitement ou si tu passes au biberon. Quand tu vis ce genre de chose, tu fais comme tu peux, pas seulement comme tu veux. Dans ces cas là, le principe de décision que je chéris tant n’ose même pas approcher ton esprit sous peine de s’en prendre une.

Il est difficile encore à présent pour moi de faire la paix avec cette épreuve. Depuis que les choses vont mieux et que seul à présent le fait que tout ira bien est la seule chose qui compte, je constate encore que les traces sont là et peinent à partir.
Ma fille d’abord qui a développé une rage absolue de vie. Elle aura passé ses 4 premiers mois de vie avec un tuyau dans le nez et à dormir énormément, l’œil triste et la peau beaucoup trop pâle. 
À présent, si elle fait une sieste par jour et s’endort le soir, c’est la fête. Du jour au lendemain, elle est devenue un autre bébé. Sans doute peut-être celle qu’elle est depuis le départ mais que l’insuffisance cardiaque empêchait d’éclore. Il y a en elle un tel désir d’en découdre que ça en est parfois troublant. Elle est énergie, joie de vivre, motricité de dingue et vivacité d’esprit indéniable. Parfois elle semble incapable à calmer. 
Nous ne sommes plus épuisés par l’inquiétude, nous sommes simplement épuisés.
De mon côté, je me suis construit une carapace de chair. Quand ma fille ne mangeait pas, je dévorais. Il va me falloir du temps pour laisser tomber cette protection. Il va me falloir beaucoup de temps pour accepter que je n’y suis pour rien et que je n’ai plus ou tout simplement pas, à porter tout ça.

C’est bon Virginie. On peut passer à autre chose, reprendre la ballade, continuer à voir les couleurs, à les capturer parfois comme pour ne jamais les oublier. On peut envisager de commencer cette nouvelle dizaine en continuant le chemin mais cette fois en essayant peut-être de réaliser les ambitions soldées et surtout en laissant tranquille ce caillou que j’ai mis tant d’années à aimer.



10/09/2017

Broderie bohème, sans bourgeoisie

Il n'y a plus d'habitudes depuis longtemps, j'ai de moins en moins d'habitudes, pour la simple raison que je n'en ai même plus le temps... trop occupée à vivre en spectatrice en pointant du doigt ce que j'estime dysfonctionnel dans le monde, dans mon quartier et chez les autres, j'en ai même oublié d'avoir l'habitude d'avoir un projet.
Peut-être que c'est sans doute parce que je n'en n'ai jamais eu beaucoup ou pas souvent. Pour reprendre ce que j'écrivais déjà il y a quelques mois, "c'est pas bien de ne pas avoir de projet, pas constructif, pas win-win, pas bien". 
Bon en fait autant être honnête, je crois que je m'en fous; enfin plus exactement mon projet c'est de ne pas vraiment en avoir ou plutôt de m'éloigner le plus possible de la nécessité sociale d'en avoir, ce qui en soi constitue déjà un objectif. 
Mon corps par contre est entrain d'en mener un je l'espère, à bien; oui contre tout diagnostic médical pourtant très sûr de lui, j'attends mon deuxième enfant. Mon souhait à présent c'est que cette attente se passe au mieux jusqu'à son terme sans une arrivée au monde aussi traumatisante que celle du premier (pour lui et pour moi).
Face à cette prochaine arrivée, je m'interroge à nouveau sur l'après. Oui parce que l'après ne peut pas être conforme à mon présent; logiquement certes, mais pas uniquement. Oui, je reviens à mes interrogations sur le monde du travail couplées cette fois à la question du vivre ensemble dans une petite ville de l'arc lémanique où vivre est de plus en plus cher et où le prix à payer en vaudrait la chandelle...vraiment?
Ces jours j'ai des envies de Jura, de neige et de sapins et de feu de bois...comme une envie de vivre dans une pub pour du chocolat en quelque sorte. Je dois être une de ces fainéantes (au sens Macronien du terme) qui ne comprend pas pourquoi avec deux enfants et malgré la subvention municipale, les frais de garde en crèche nous reviendront à presque la moitié de mon salaire pour 4 jours par semaine; qui ne comprend pas non plus pourquoi en souhaitant trouver un appartement plus grand pour avoir un minimum d'espace on devrait trouver normal de payer au moins 2'500 balles par mois si on veut rester dans notre quartier où on a justement une place en crèche, une qui ne comprend pas pourquoi dans un parc il n'y a que deux balançoires pour les tout-petits alors que le quartier est ultra-archi familial; qui ne comprend pas encore pourquoi je manque souvent de me faire shooter par les voitures au passage piétons car ces dernières ne s'arrêtent jamais totalement, trop pressées de quoi je ne sais pas mais trop pressées. 
Oh j'ai sans doute des problèmes de privilégiée, dans mon ancien job on m'aurait peut-être dit que je n'avais pas le droit de me plaindre de ce genre de choses après avoir entendu les problèmes des employé.e.s qui venaient nous trouver. Et bien mes plaintes se situent à mon échelle et elles sont réelles et concrètes pour moi. Je n'en attends pas vraiment ni validation ni jugement, je les partage avec qui veut bien les lire.
Quoiqu'il en soit j'arrive au point où je me demande si tout faire pour rester à Lausanne en payant nos factures pour attendre le mois d'après consiste en un bien être réel; si le fait d'avoir un travail pas très bien payé qui n'épanouit pas vraiment est un gage de qualité de vie; si le fait de ne plus trop supporter mon prochain à la Coop, au parc ou dans la rue ne devient pas un début de ras le bol total.
Pourtant j'aime "l'autre", cela fait un bon moment que j'ai cessé le sarcasme et le cynisme pour aborder la bienveillance comme grille d'approche de "l'autre"mais malgré mes bonnes velléités, je continue de me sentir agressée, à coté de la plaque ou simplement pas dans la marche du monde de mon coin. Les ami.e.s se font plus rares, simplement parce que les vies changent, les priorités aussi et nos capacités personnelles à gérer les changements des autres sont très individuelles; certaines personnes chères que l'ont voyait tout le temps disparaissent simplement, c'est comme ça, c'est la vie comme dit le poncif.
Alors voilà quand tout autour devient trop lourd, je me réfugie dans cet espace mental qui permet de disparaitre de soi. Pour moi c'est partager avec celui que j'aime, mes envies de sapin, de neige, de bois, d'herboristerie et d'espace. C'est rêver ensemble de travailler moins et de transmettre à nos enfants si ce n'est de l'argent ou des biens, au moins pas de dettes ni de mal-être. Rêver un peu c'est aussi se donner la possibilité de se broder un avenir un peu différent et qui sait peut-être le réaliser.
C'est oser avoir des fleurs dans la tête et une plante rampante dans l'épine dorsale sans avoir aucun standing à souhaiter tenir, ni plus rien à vouloir prouver à qui que ce soit. C'est tenter d'échapper à la coercition sociale, à la violence ordinaire de la fabrique des fous , c'est souhaiter prendre un peu de recul, dans tous les sens du terme, pour voir un peu mieux et se regarder et se sentir un peu plus tendrement. Ces jours, c'est à mon sens, peut-être le seul projet valable qui soit.