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23/07/2015

De notre tout petit Big Bang

 Alors que les blouses blanches avaient décidé que nos machines internes ne pourraient pas naturellement donner la vie, la vie elle même, justement, en a décidé autrement.
Je préviens, je jette la première pierre à celle ou celui qui me dira que c’est parce que nous avions cessé d’y penser que c’est venu tout seul. Je ne suis pas très adepte de la pensée magique, ou du moins plus depuis que je ne crois plus vraiment aux licornes ; même si ces dernières se promènent régulièrement dans mon espace mental dans la forêt de quartz.
Non, nous avons eu une chance de dingue, c’est la seule chose à laquelle j’ai envie de croire.
Un mois avant notre rendez-vous au centre d’aide à la procréation médicalement assistée, et inutile de vous dire qu'on ne faisait que ça, y penser, j’ai donc découvert que si tout se passait bien, nous n’aurions plus besoin d’y aller.
Stupeur et tremblements, larmes de joie et mine incrédule, ce n’est qu’au résultat de la prise de sang que je me suis mise à y croire. Je venais d’ailleurs de poster un coup de gueule de texte sur le sujet, c’est bête mais je me sentais du coup un peu conne…
Le côté miraculeux de cet évènement a fait que jusqu’à la 13ème semaine, j’osais à peine bouger et surtout j'avais du mal à vraiment m'autoriser d'être heureuse et à y croire réellement.
Me voilà aujourd’hui à la semaine 26 (parce que oui on compte en semaines ) et j’oscille encore entre un émerveillement légèrement niais et une humeur de pit bull en colère. 
Premier constat, être enceinte ça fait mal, un peu partout, tout le temps. Celle qui me dira le contraire a de la chance mais comme elle va m’énerver, je préfère qu’elle s’abstienne.
Ouais parce que ces douleurs censées être pour la bonne cause, et bien elle m’agacent . Personne ne souhaite avoir mal au dos ou aux jambes en permanence pour ladite « bonne cause ». Après bien évidemment, au premier coup de pied de bébé dans le ventre, le côté Alien est vite oublié au profit de l’explosion de paillettes de joie . Mais ce n’est pas une raison. Et puis si je ne me plains pas, ce n'est pas tout à fait moi, j'ai un certain niveau d'agacement à tenir pour remplir correctement mon personnage social.
Parlons-en d'ailleurs du côté social de la grossesse; c'est tout aussi fatiguant que l'état en lui même. Tout le monde, je dis bien absolument tout le monde a un avis sur la question, de la même manière que ceux qui s'improvisent économistes avec un avis sur la crise grecque, la grossesse déclenche des réactions en chaîne assez inattendues autant qu'aberrantes. Il y a tant d'injonctions sur le sujet que c'est à se sentir indigne avant même d'être concrètement parent. 
Dans le désordre, on trouve les amis et parents qui te veulent tant de bien qu'ils tendent à l'ingérence, ceux qui du jour au lendemain disparaissent, morts de trouille devant autant de démonstration de vie (et qui te manquent) ceux qui deviennent soudainement tes amis comme par magie, ceux qui n'appellent plus, ceux qui appellent trop, les normaux avec un dosage sain et réfléchi (merci), les collègues de travail qui te demandent quand tu vas être en arrêt, ton médecin qui ne se le demande pas une seconde alors que tu en rêves et qui, avec la psychologie d'un caillou hausse les épaules en te disant, "bah oui avec cette chaleur c'est pas évident et oui la grossesse ça fait mal, surtout à votre âge", la vendeuse du magasin "autour de bébé" qui te dit " mais c'est maintenant que vous vous en occupez ?!" (de commander le matos sans vraiment trop savoir quoi commander), celles et ceux qui te disent " tu devrais faire de l'haptonomie" "du yoga prénatal" "voir une acupunctrice" "consulter une sage femme indépendante" "quoi tu manges de la salade?" "il est énorme ton ventre pour 6 mois" "tu vas allaiter ou pas?" "t'as pris combien de kilos?" " je peux toucher" (c'est déjà bien de demander) et il y a aussi celles et ceux qui s'en foutent....ils sont rares, et parfois j'aurais presque tendance à leur dire merci...sauf quand ils ne me laissent pas de place dans le bus, mon quotidien.
Je reste malgré tout consciente que toutes ces démonstrations sont le résultat de cette aventure qui nous dépasse tous et toutes un peu, qu'il y a énormément de bienveillance derrière cet ensemble de réactions et qu'il serait complètement tordu de ma part de ne pas non plus m'en émouvoir.
Enceinte, on cumule un peu deux états simultanés; une partie souhaite qu'on nous fiche la paix et l'autre qu'on s'occupe de nous, qu'on nous porte un peu car on se sent parfois un peu paumée dans les chapitres de notre propre livre; surtout quand sans s'y attendre on se met à pleurer devant un téléfilm allemand de l'après-midi sur M6...c'est pas facile pour l'égo.
Il y a encore 3 ans en arrière, je ne souhaitais pas devenir maman, je ne disais pas jamais mais je ne disais pas non plus vraiment que je le voulais. Je me trouvais déjà bien incapable de m'occuper de moi correctement et les enfants me faisaient un peu peur; ce qui est d'ailleurs toujours un peu le cas. 
Et puis voilà, c'est venu du jour au lendemain en même temps que la plus belle histoire inattendue de ma vie. Quand on nous a annoncé que ce ne serait pas possible ou très fortement improbable, un gouffre s'est ouvert sous nos pieds; mais c'était sans compter sur la chance, et depuis je remercie chaque jour cette dernière, les étoiles et le cosmos, de nous offrir cette aventure. 
Au final, je râle pour m'aider à mettre en perspective ce qui ne peut que l'être; nous allons devenir parents d'une poussière d'étoile, nous nous engageons sur ce chemin magique et effrayant et qui demande au final beaucoup de courage. Il est normal et sain je pense, d'avouer qu'on a un peu la trouille, qu'on ne sait pas de quoi cette histoire sera faite et que non, on ne sait pas ce que c'est qu'un maxi cosy ou une gigoteuse ni tout ce marketing nouveau et flippant autour de ce qui est supposé être naturel... Il n'est pas si naturel de voir son corps se transformer autant et aussi rapidement, ni de sentir son humeur si changeante et le regard des autres se modifier au point de se sentir disparaître derrière  ce fameux "état". Il n'est pas non plus si naturel de constater que le processus de parentalité change le rapport à ses propres parents, on se sent encore plus loin  d'eux avec l'appréhension de devenir les mêmes; et en même temps on les admire de nous avoir portés jusque là.
Il me semble que rarement dans ma vie, j'ai été confrontée à tant de contradictions. Sans doute le fait que je me pose énormément et constamment des questions n'améliore pas le processus, sans doute il existe des personnes pour qui ce passage de vie est plus simple ou simplement plus doux, peut-être surtout plus "naturel". 
J'ai parfois l'impression de devoir sauter dans le vide un peu à chaque minute respirée et je me demande surtout comment je vais devenir maman, quel type vais-je être, si je saurai m'occuper de ce petit bout avec un peu d'assurance.
En attendant, j'enfile mes Birkenstock dorées et laisse filer les semaines d'un été incroyable jusqu'à cet automne qui va être débordant de nouveauté. 
Nous sommes heureux, et ne pouvons que dire merci à ce petit Big Bang personnel.


25/01/2015

Un chou, une rose, une cigogne et un mur (haut mur)

Comment écrire ce qui est censé ne pas s'écrire; encore moins se dire.
Oui, dans notre société, ce sujet est une sorte de tabou, car seuls les êtres performants, les win-win, ceux qui "gèrent grave", seuls ceux qui décident et qui parviennent; seuls ceux là sont salués et ont d'une certaine manière, le droit de parler. 
En Suisse, cette problématique est en quelque sorte une affaire d'ordre privée. Rien de ce sujet ne doit peser sur la collectivité et dans notre pays d'argent, il devient donc malheureusement logique que la solution ne soit pas du tout prise en charge par les assurances maladie. La solution n'est accessible qu'au prix équivalent d'une Rolex; il faut donc se faire une sorte de raison et accepter ce qui, dans cette situation semble inacceptable: seules les élites ont facilement accès à leur reproduction.

L'infertilité, la difficulté pour un couple d'accéder, et ce malgré la plus forte des envies, à la parentalité; c'est de cela dont je parle.
Jamais je n'aurais imaginé devoir un jour dans ma vie me confronter à ce problème.
Pendant pas mal d'années, je ne me suis même pas posé la question. J'ai atteint la vingtaine en me disant d'abord que je n'en n'aurai jamais envie. Fidèle à une adolescence sombre, je ne voyais pas de raison valable à ce que j'appelais alors "la reproduction". Puis j'ai changé un peu en me disant que je ne ressentais pas d'envie de ce genre et que si à 35 ans je n'avais pas d'enfant, cela voudrait dire que je n'en n'aurai jamais. Et puis il me semblait qu'il fallait aussi rencontrer la personne qui peut-être éveillerait l'envie. Tout ceci était donc loin de moi et je regardais les enfants avec méfiance.

Aujourd'hui, à 36 ans, je revois mes idées passées avec douceur; j'ai rencontré cette fameuse personne et plus que cette dernière, il me semble que c'est l'histoire en elle-même, son énergie, ce que l'on en fait au quotidien, notre capacité à communiquer, à nous aimer pour ce que nous sommes simplement; c'est tout ceci qui a crée en nous, l'envie.
Un jour, tu ne sais d'ailleurs vraiment pas très bien pourquoi et d'ailleurs souvent tu le gardes pour toi car ce n'est pas "cool" du tout, bref, un jour, tu te mets à regarder les bébés différemment. Tu ne les vois plus comme des uniques tubes digestifs un peu flippants. Tu te mets à ressentir un truc étrange dans le bide, un truc que tu ne pensais absolument pas possible en toi.
Tu pensais qu'il s'agissait d'injonctions sociales, et sans prévenir tu te rends compte que ce qui est là, fortement au dedans de toi, c'est que tu es simplement..animale. C'est plutôt étrange comme révélation de soi à soi, car tu dois du coup en finir sur ce sujet, du moins au début, avec ton plus fidèle copain, le sarcasme.
Le temps passe, on s'aime, c'est formidable, mais rien ne vient. Les questions commencent. On te dit de ne pas y penser, de laisser faire. Toi de bonne volonté tu fais ce qu'on te dit, tu essaies donc tant bien que mal de désirer sans vouloir. Bullshit. Tu te fais des films dans ta tête. Tu te sens conne. Rien ne vient. 
Pour finir, ou plutôt pour continuer, vous décidez d'aller voir les machines d'un peu plus près pour essayer de comprendre. Et là après quelques rendez-vous, ça vous tombe dessus comme la foudre.
Vous ne pouvez pas, ou très peu, comptez sur la nature.

Oui mais :
-"Docteur, on peut faire quelque chose?
-oui, il y a la procréation médicalement assistée
-mais ça coûte terriblement cher docteur et ce n'est pas pris en charge, c'est injuste
-oh vous savez si vous n'êtes pas prêts dès le départ à investir, mieux vaut oublier, vous savez c'est cher un enfant. Quel âge avez-vous au fait? 
-36
-ah donc faut pas traîner!"

Il n'y a plus vraiment de tristesse, il y a à présent pas mal de colère et de stress. En colère, parce que le seul soutien de notre société s'apparente à être pris en pitié discrète ou à mettre en avant nos "défaillances", nous ne sommes pas fidèles à la demande de performance. Nous ne respectons pas la productivité.
Et pourtant, nous avons mangé les mêmes pesticides que tout le monde, fumé des clopes, bu des coups, vécu pleinement notre vie, nous avons dansé et aimé, et en quelque sorte aujourd'hui nous nous sentons comme coupables. Coupables de notre envie de donner la vie, coupables de ne pas être blindés de pognon de génération en génération. 
J'insiste beaucoup sur ce sujet, mais c'est aussi celui qui nous met le plus en colère. Nous sommes salariés, nous pourrons sans doute accéder aux traitements en tout cas une fois, mais comment font ceux qui gagnent encore moins? La Suisse ne veut pas de "pauvres". La Suisse veut une reproduction libérale. 
Je fus la première à descendre dans la rue pour défendre le maintien du remboursement de l'avortement...à quand une initiative pour la prise en charge de la pma en Suisse?
Certains prennent un crédit à la consommation pour se payer une grosse bagnole, d'autre pour se payer les traitements qui leur permettront peut-être de donner la vie.
Cherchez l'erreur.
Je sais que j'ai habitué à un peu plus de poésie, mais dans le cadre de ce texte, je crois que nous demandons un droit à la colère.
Nous demandons le droit de faire chier le monde avec notre infertilité.
Nous avons décidé de ne pas nous taire, ni d'être discrets, ni de faire preuve de pudeur.
Quelle qu'en soit l'issue, nous tenterons de vivre pleinement cette nouvelle aventure. Il nous faudra sans doute beaucoup nous aimer, nos amis nous trouverons courageux, d'autres nous trouverons rasoir, tant pis.
Au bout de ce chemin, il y aura nous l'espérons, un enfant. Nous l'aurons longtemps appelé et cherché. S'il n'y est pas, que découvrirons nous?
Dans tous les cas, il y aura, il y a, une mise en perspective de ce que nous pensions jusqu'à présent, de nos décisions et de nos choix de vie. 
Changer, ne plus se faire mal au travail, créer, rêver, voyager, espérer, se révolter.
Être chaque jour un peu plus jeunes en pesant au quotidien nos vies d'adultes.











14/11/2014

Cosmos et améthyste

Le soleil se transformera un jour en géante rouge; ce jour là, la terre disparaitra. 

Cette phrase comme énoncé d'une de mes angoisses du passé, quand avant de m'endormir je lisais le Big Bang raconté aux enfants. C'était un des chapitres de mon Encyclopédie de la Vie. Cette lecture eut sur moi à cette époque comme résultat de déclencher des interrogations sidérales. Mon esprit étant incapable de pousser plus loin la compréhension de notre existence, il s'en est suivi une intranquillité qui ne m'a jamais vraiment quittée. 

L'enfant fille que j'étais, laquelle ne cessait jamais de se poser des questions et de questionner son monde, ne put pourtant pas accéder à un chemin scientifique. Par manque de capacités peut-être, mais aussi parce que l'école républicaine française dont je suis un pur produit, décréta rapidement que j'étais mauvaise en sciences mais heureusement douée en matières littéraires.
Collée à mon genre j'achevais donc mon lycée dans une classe de 33 filles sur 37 élèves. De là à y voir un conditionnement, il n'y a que quelques millimètres.

Je n'ai donc jamais rien approché de la science du cosmos que sa vulgarisation, ses légendes et ses constructions fictives. En ces jours où l'Agence Spatiale Européenne fait atterrir un robot sur une comète à 510 millions de kilomètres de la terre, mes questions et ma frustration refont surface en arrêtes stridentes.
Contrairement à l'univers nos esprits ont leurs limites. Le mien se heurte à l'incompréhension de la raison de notre existence. 
Sommes nous des accidents, le résultat d'une volonté extérieure, la mort est-elle comme "tomber" dans le vide spatial ou comme un sommeil noir et éternel, y a t-il quelque chose après, devons nous croire, pouvons nous croire, croire en la science est déjà un départ non? mais est-ce suffisant? Si l'univers est en expansion pouvons nous espérer que notre connaissance et notre sagesse le soient aussi tout en nous éloignant toujours davantage de la réponse?

Ces circonvolutions de mes connecteurs cérébraux déclenchent encore parfois des sensations étranges, comme regarder dans un miroir qui regarde dans un autre miroir. Cela fait parfois peur, parfois cela fait rêver; je suis consciente de ma propre gravité.
En boulimique de compréhension et de déconstruction, je perds parfois le fil.
Je me mets à juger, à craindre, à ne plus aimer, à rejeter avec pour seule arme ce que certains qualifient d'arrogance et que d'autres perçoivent comme du mépris teinté de sarcasme. Nous sommes nos propres énigmes, en résonance à nos relatives complexités. Nous devons peut-être ne rien attendre mais continuer de chercher en acceptant le risque de notre éventuelle déception. Comme Hubert Reeves le dit, "il faut bien avouer que malgré toutes nos découvertes, nous ne savons rien". Ce n'est malgré tout pas une raison pour le contentement. Ne jamais cesser d'interroger est sans doute le gage d'une éternelle jeunesse de l'esprit et ce grand astrophysicien en est un magnifique exemple. 

Pourtant nous sommes à l'âge sociétal de la répression et du retour à la morale construite au moyen-âge.
Comment pouvons nous en même temps atteindre une comète lointaine et nous retrouver face à des esprits aussi étroits que ceux qui manifestent pour que les filles restent roses et les garçons restent bleus? Nous vivons une société à deux vitesses qui semblent bien incompatibles. 
Nos esprits ne sont pas des robots, nous ne pouvons pas les lancer sur une sonde en espérant qu'ils touchent la connaissance et des découvertes fondamentales. Alors quand regarder en plein dans notre propre accélérateur de particules fait peur, on se jette à corps défini dans des certitudes surannées et rassurantes. Rien ne dépasse, pas de miroir dans un autre miroir. 

En réponse, il reste nos cosmos personnels où se réfugier quand l'extérieur devient trop âpre. 
Le mien est formé de flocons de neige et de paillettes, de connexions arborescentes. 
J'y évolue au coeur d'une forêt de quartz, pas à pas, doucement en effleurant les arbres. Caresser la pierre, sentir son froid, sa matière, entendre sa couleur et chercher les branches; le bois de cristal et ses rayons.
Mon âme se cultive dans un sol minéral, le regard pointé vers les étoiles. 



    

12/08/2012

De la solitude à l'indépendance

Ne pas écrire pendant longtemps c'est expérimenter un manque, mais il ne s'agit pas ici de mieux retrouver les mots. Pause estivale, vacances, ennuis d'ordinateur, manque d'imagination, lassitude... je ne sais pas; voilà.
Pourtant j'ai vu beaucoup de films, beaucoup de spectacles aussi et j'aurai sans doute pu écrire tout autant; j'ai pris des vacances globales.
Je pourrais aussi régler quelques comptes car la médiocrité de certains me désole toujours autant, mais je ne suis personne pour me permettre ce genre d'impudeur et quelque soit mon agacement je ne le ferai pas ici. 
Je suis partie en vacances toute seule pour la première fois de ma vie. J'ai décidé ça sur un coup de tête, deux semaines loin de tout et de tout le monde dans un endroit où pourtant ce n'est pas la solitude qui caractérisait les autres vacanciers. Dans une station balnéaire grecque sur l'île de Kos, j'ai adoré être en tête à tête avec moi même. J'ai adoré me reposer, ne pas compter, parler uniquement si j'en avais envie, lire, encore lire, nager, prendre du soleil et de la chaleur en stock pour les mois à venir et marcher sur la plage le soir en laissant mon imagination se nourrir du mouvement des vagues.
Devenir vaguement kitsch et aimer ça, voilà mon expérience estivale. 
Il a s'agit de choisir la solitude, elle ne me fut pas réellement imposée et c'est au moment du choix que j'ai saisi la portée personnelle de ce dernier. Effectivement, je peux choisir certaine choses importantes pour moi, j'en ai le droit et je l'avais trop souvent oublié. Car je me suis souvent plaint auprès de mes proches de cette solitude qui me pèse dans mon quotidien, qui elle n'est pas un choix fondamental, qui est un fait concret, un résultat des aléas de ma vie. Toutes mes conclusions me rapportent à elle, pour le moment en tout cas. J'ai donc décidé de l'apprivoiser et d'en faire mon atout, ma qualité, ma valeur. Ce n'est plus de solitude dont je parle, mais d'indépendance. Il m'aura fallu toutes ces années de vie pour l'aimer, l'aimer avec intensité. 
J'ai pu constater que cette décision est parfois difficile à comprendre pour les autres. En vacances par exemple où une jeune femme seule interroge ceux qui la voient passer. Pourtant être seule dans ce cadre c'est aussi accepter de payer un supplément pour une chambre d'hôtel, c'est occuper une table pour deux dans un restaurant bondé, s'allonger sur une chaise longue de plage sous un parasol réservé pour deux normalement, c'est accepter de répondre gentiment à celui qui vous aborde en vous demandant pourquoi vous avez l'air si triste ou pourquoi vous ne souriez pas.
Mais voilà, sourire à la ronde et à l'air ambiant, c'est aussi passer pour une folle, allez comprendre les réactions des gens. C'est aussi parfois accepter le dialogue et rencontrer des personnes intéressantes et agréables mais aussi devoir supporter l'effet de groupe autour de soi quand on ne le désire pas forcément.
Être seule en public c'est être comme un miroir pour les autres, quelque chose déplace les convenances. On se demande pourquoi, quel évènement vous a poussé à cette situation.
Et si le seul évènement est justement une simple décision? Les visages s'éclairent, les langues se délient, quel courage m'a t-on dit...
C'est absurde, et c'est cette absurdité qui rend l'expérience géniale. Elle permet d'enregistrer des images, des sensations, des mots, des regards, des attitudes; enregistrer ces pointes de vie pour les moments d'ennui à venir. Une liberté mentale totale. 
Dans l'éventualité de l'oubli, j'ai même poussé la chose jusqu'à m'envoyer une carte postale. Je me suis écrit quelques mots sur ce bout de carton souple pour pouvoir avoir un support de souvenir, pour que ces pensées soient toujours le témoin de cette expérience somme toute banale, mais qui fut très importante pour moi.
Elle n'est que le début des prochaines à venir, il s'agit d'une forme de bilan après un début d'année intense et riche.
Je savoure enfin l'indépendance que j'ai désiré si longtemps.
Et même si certains jours ma solitude me dérange comme un petit caillou dans la chaussure, je sais qu'à l'occasion je pourrai repartir sur cette île grecque ou ailleurs pour retrouver l'avantage de cette dernière.
Je m’apprête à reprendre le travail demain et je sais déjà que le repos pris ne fera effet que peu de temps, que mon arbre mental fera rapidement des siennes, qu'il faudra gérer ce quotidien, ces manques, ces illusions et mes contradictions. 
La vie est ce qu'on en fait, et en marchant sur cette plage, j'ai décidé que la mienne était formidable.  


 

30/05/2012

Car un titre serait une fraude...

La course du temps se poursuit, et ma trentaine avance sans se retourner. Malgré les crèmes chères et les compléments alimentaires qu'aucun druide d'une lointaine époque ne m'envierait, ma carcasse se teinte de ce quotidien rapide et sinueux. Les sillons de peau apparaissent, les envies se marquent là où elles le doivent et conserver une image fraîche me parait aussi difficile que de maintenir en vie une plante verte. Il y a pourtant cette chose dedans dont j'ai déjà parlé maintes et maintes fois. Ce décalage entre les pièces de la mosaïque qui composent la personne que je suis et un ensemble de faits avérés qui forment mon présent; qui au final ne l'est jamais...présent.
J'essaie pourtant de profiter des moments que je vis sans penser à autre chose, mais je peine souvent à y parvenir. C'est comme quand on joue sur une scène de théâtre, on raconte une histoire tout en ayant conscience de la présence du public, il y a une distance qui se crée à l'intérieur de soi, entre ce que l'on vit-joue et ce que l'on pense; enfin c'est plus ou moins comme ça que j'ai toujours envisagé le métier d'acteur et peut-être était-ce une erreur. J'ai souvent l'impression de vivre de la même manière, même si parfois l'immédiat transperce comme un éclair fulgurant. Mais ces moments sont rares et je reste emprisonnée dans ma tête dans laquelle mon cerveau fait des branches avec la pensée.
Il y a pourtant des moments plus propices à d'autres pour "lâcher le robinet à conneries" mais je dois avoir apprivoisé la situation ou la personne pour obtenir la sensation d'être bel et bien là. Alors quoi? encore des lignes de fatigue et d'ennui? Encore?
Non, car si comme le dit Jodorowsky " le futur est une fraude" il me semble que le présent l'est aussi; et c'est sans avoir peur du lieu commun que j'écris ces mots. Peut-être même que le simple fait de penser en est une. Où comment allier une forme d'ésotérisme à une analyse constructiviste totale. Il y a comme un gouffre dans lequel on plonge quand on essaie de regarder attentivement chaque chose vécue, pensée, ressentie; comme un souffle de lucidité qui n'est pas extra. Un vertige. Nous ne faisons qu'essayer de construire une cohérence sur une existence qui ne l'est pas. Nos certitudes ou ce que nous qualifions de " valeurs" ne sont que des traits construits sans cesse mis à mal par le quotidien. Il y a cette douleur diffuse de ne rien savoir de ne rien comprendre mais de tenter de s'accrocher à ce que l'on a décidé de croire; sans quoi toute forme d'existence consciente s'avère impossible. 
Ces béquilles prennent toujours différentes formes, les passions ou les raisons; indifféremment elles permettent d'envisager tous les temps de la conjugaison de nos vies et de celles des autres.
Pourtant quand on observe autour de soi, quand on se penche sur les interactions entre les êtres, sur les choix, les siens et ceux des autres...il y a toujours un goût acide qui prend le dessus dans nos cellules. Rien n'est jamais vraiment doux. Même la tendresse peut se faire âpre. Nous nous sommes socialisés de telle sorte que même ce qui grince au dedans peut revêtir une apparence rassurante.
On se contente de tout, on s'habitue à tout et même ce qui nous confère parfois une touche d'originalité ne l'est pas. Nous avons tout mis en place, tout construit pour oublier le vertige de l'ignorance.
Une réponse d'aujourd'hui peut s'avérer fausse le lendemain, comme ça, cruellement et soudainement dénuée de sens. Vidée de toute consistance.
Les relations d'hier qui nous paraissaient reliées à notre bonheur ont aujourd'hui une couleur morne et sans intérêt et ne seront demain qu'une forme de souvenir vague dont on aura choisi quoi retenir exactement au risque de projeter dessus ce qui nous arrange.
Où est donc l'espoir, où trouver la volonté? Ce n'est pas morose ni ennuyeux d'ailleurs que de se poser ces questions. J'ai pour ma part trouvé la joie de l'immédiateté dans ce qui brille, dans les matières que je caresse avec le dos de la main, dans la vulgarisation de l'astronomie, dans la science fiction, dans les photos des autres, dans le cinéma, dans l'écriture et dans les soirées d'improvisation Avracavabrac. 
Chacun trouve sa réponse, sa gélule contre le vertige.
On m'a souvent dit que je me posais trop de questions, pourtant je pense sincèrement que tout le monde, d'une manière ou d'une autre expérimente cette sensation de non sens. Il s'agit alors de l'apprivoiser à sa manière et d'en faire un moteur.
Je viens d'énoncer avec maladresse et sans paragraphes définis, une pseudo prise de conscience, un véritable mais terrible lieu commun... mais je m'en fiche.
Certains jours cette sensation d'attendre Godot est simplement plus prégnante et dépend de mon quotidien, lequel il faut le dire est plutôt à marrée basse. Mes pieds se traînent dans la vase comme la cousine bretonne ( encore elle ) allant à la recherche de coquillages. Cette tête en l'air, ne regardant pas où elle marche se coupe, mais continue de chanter à tue-tête. Elle continue de chanter car elle sait que de toute manière, il n'y a ni futur ni passé; seul résiste le moment présent tel qu'elle le défini à l'instant même. 
Elle peut rêver, imaginer, attendre, se souvenir; rien n'est certain ou limpide.
Seules ses cellules ont valeur d'existence, le reste n'est que construction. Emportée par la montée des eaux, la cousine bretonne n'est sûre que d'une seule chose:

La conjugaison est une escroquerie.




09/04/2012

Des rencontres, du destin et des étoiles

Ces derniers temps je me suis fait la réflexion que rien n'arrivait jamais par hasard... Original non? Évidemment non. La véritable originalité est chose rarissime; et ce qui pourrait éventuellement être original serait de chercher à ne pas l'être. Les rencontres donc... Il y a quelques années alors que je vivais à Saint-Pétersbourg j'ai fait la connaissance d'une fille de mon âge venant de Genève. Très vite nous avons échangé nos pensées et tout ce qui nous tenait à coeur, trop vite sans doute, nous nous en étions rendu compte et elle avait eu cette réflexion amusante et censée. Notre situation d'expatriées avait accéléré cette amitié et elle qualifiait ça "d'amitié du train". Ces personnes que tu rencontres et que tu ne reverras sans doute jamais et avec lesquelles soudainement, la communication et le partage se trouvent bien plus rapides que dans nos vies quotidiennes. J'ai gardé cette expression en tête et l'utilise à présent régulièrement. Elle illustre magnifiquement bien ces rencontres que l'on fait, qui ont la fulgurance d'un feu d'artifice. Elles montent très haut, explosent, et redescendent aussi vite en laissant derrière elles quelques traînées de poudre et de fumée. 
S'investir est une chose difficile, on a tendance parfois à le faire trop rapidement et il arrive que le résultat n'en vaille pas la chandelle. D'un autre côté, rencontrer de nouvelles personnes n'est pas évident, alors parfois on force un peu le destin, on va chercher  comme on peut à provoquer ces rencontres; mais ces dernières se trouvant alors programmées ont une forme artificielle qu'il est alors quasi impossible de rendre naturelle. On dit aussi qu'il ne faut pas chercher, laisser faire les choses, sourire à la vie, envoyer du positif pour en récolter à son tour... Certes...En théorie je suis bien d'accord, en pratique c'est autre chose, car tout dépend de la capacité d'ouverture que l'on veut bien montrer. Je ne suis pas très douée pour ça, même si j'essaie de m'améliorer avec le temps. Ne pas penser, ne pas anticiper, ne pas montrer, ne rien laisser paraître... être une forme de page blanche sur laquelle l'autre en face puisse projeter, dessiner... et petit à petit être soi par petites touches de peinture, pour ne pas brusquer, pour donner les fondations à la relation. Dans ce schéma, je classe au même niveau les amitiés et les amours car en dehors du rapport charnel, l'apprentissage ou l'apprivoisement est le même. 
Rien n'arrive par hasard donc? Non car de toutes ces rencontres, on garde quelque chose, consciemment ou non. Et les provoquer ne sert à rien car on en retire alors plutôt une amertume étrange, comme quelque chose d'irréel qui démange. Avons-nous la possibilité d'influencer notre destin ? Le destin existe-t-il seulement? Il est rassurant de penser que oui, cela permet d'avancer avec la certitude que la vie est juste quoiqu'elle amène. Je n'aime pas trop les certitudes, surtout quand j'estime subjectivement qu'elles sont mal placées. Elles vont à l'encontre de ce que la vie serait censée nous apprendre. De certitudes à "valeurs" il n'y a qu'un pas, que je n'aime pas franchir. Bon il est vrai que j'aime un peu trop décortiquer les choses qui peuvent paraître normales, de même que ces fameuses certitudes chez les autres qui me paraissent toujours un peu douteuses. Et même si je pense souvent avoir tord, j'aime qu'en face l'autre fasse de même, cela permet la discussion. Sinon tout cela est vain, la compréhension impossible, le compromis intolérable et alors cette relation ne sert à rien. Qu'avons nous à gagner à ne pas nous remettre en question? à être des insectes bornés cherchant la sortie à l'aveuglette? Pas grand chose à part ne jamais faire évoluer nos visions de la vie. On dit souvent aussi que l'humain n'apprend rien de son histoire, que l'on répète les mêmes schémas et erreurs et dans une certaine auto-complaisance qui plus est. C'est malheureusement assez vrai. Sommes nous perfectibles? De nouveau je commence à douter. Mais peut-être en commençant par nos propres histoires, pourrait-on peut-être faire évoluer notre cause, nous-même. Car chacun vit pour soi et décide à un moment de partager son chemin avec d'autres. Ces personnes à qui l'on donne notre confiance pour lesquelles on investit la relation sont les personnes que l'on désire garder auprès de nous. Et pour cela, on ne peut rien provoquer, on peut juste parfois avoir à gérer la déception. Mais cette dernière n'est pas obligatoire, la loyauté existe, le lien fort perdure et ne peut être ébranlé par des doutes soudains et inutiles. Ce sont ces relations qui nous apprennent vraiment quelque chose, celles qui restent, les autres ne sont que ces fameuses traînées de fumée après le bouquet final. 
Je me rends compte à présent que je n'ai jamais vraiment aimé les feux d'artifices, ils sont de la satisfaction immédiate comme une jeunesse de l'amusement. Les étoiles dont la lumière nous parvient avec des années de retard sont bien plus intéressantes. Elles nous renvoient à notre rien et permettent une auto-réflexion précieuse. Dans nos vies trépidantes, on ne les regarde plus, on ne les voit plus, elles sont étouffées par nos constructions et nos certitudes rassurantes. J'aime d'ailleurs à penser que quand on a achevé notre course du destin, c'est vers elles que l'on retournent comme vers une matrice absolue. 
Non rien n'arrive par hasard, et forcer le destin ne sert à rien. Mais ne pas se contenter de certitudes est une chose primordiale et ne pas se décharger sur les autres des conséquences de ses actes en est une autre. Les rencontres sont faites pour nous apprendre qu'une forme de destin existe dans laquelle la liberté n'est au final pas si grande. La liberté est un concept que l'on a inventé pour échapper à cette course qui nous ramènera toujours à l'infiniment petit de nos existences au regard de l'infiniment grande matrice que sont les étoiles dont nous sommes peut-être issus. 


18/03/2012

Courte maladresse des maux du dimanche

Il y a peu de temps, j'écrivais que je ne pensais pas que le calme et le sourire soient un jour à ma portée. Je continue malgré les imprévus de nos existences à être surprise par mon nouveau sang froid. Il m'aura pourtant fallu des années avant de pouvoir prendre conscience de cette capacité qui devait sans doute être enfouie en moi sous des couches primales que j'ai apprises à apprivoiser. Cela ne m'empêche pas malgré tout d'être démontée par ce que le quotidien réserve. Pourtant cette rage est mise en balance par une espèce de raison qui vient peut-être du bénéfice de l'âge ou de l'expérience. Quoiqu'il en soit je constate ces derniers temps la difficulté de faire confiance à mes instincts, la capacité dommage que j'ai de les mettre en doute alors qu'il me faudrait plutôt apprendre à les respecter sans les prendre pour ce qu'ils ne sont pas, des sur-interprétations d'indices. 
Avoir confiance en soi est chose ardue, faire confiance aux autres est encore plus laborieux. Cependant, chaque matin, l'image que l'on a de soi est mise à l'épreuve par l'interaction inévitable entre soi et les autres, entre soi et ce que la société demande, sous tend, impose. Nous sommes tous des êtres fragiles avec des fêlures, des historiques compliquées, des désirs inassouvis, des peurs, des certitudes et des lucidités inégales. Chaque jour, le moteur qui nous pousse à suivre nos routes est fait de rouages différents. On peut s'appuyer sur notre vie professionnelle, nos relations et notre recherche perpétuelle de rétributions, réelles ou symboliques et pourtant, toutes ces pièces qui doivent construire l'image que l'on renvoie n'ont pas forcément le même impact sur celle que l'on voit de nous dans le miroir. Nous portons nos masques, nous avançons, nous arrêtons pour regarder un moment en arrière et certaines rencontres nous font parfois regarder en avant. Se construire prend une existence entière, c'est une chose admise. Le sentiment d'accomplissement est rare, les défis sont permanents et on ne peut sans doute compter que sur soi-même. 
Certaines personnes parfois viennent compléter notre puzzle interne, elles nous permettent d'apprendre sur nous et nous changent de façon à ce que l'on se connaisse mieux. Elles agissent comme ce fameux miroir. Ces personnes qu'on laisse entrer dans nos vies sont celles à qui on accorde notre confiance, donne parfois notre cœur de manière irraisonnée, notre amitié sincère et auxquelles quand une parole est donnée, on attend qu'elle soit respectée, écoutée et non mise en doute. Mais voilà, l'autre en face nous est similaire et aussi proche qu'il puisse l'être, le manque de confiance peut faire des ravages et venir ruiner ce qui était à la base totalement sincère. Quand on donne notre parole et qu'elle est remise en question, la confiance s'émiette, celle que l'on a donnée à l'autre et celle que l'on a en soi. On se demande ce que l'on a fait de faux. Et si tant est que l'on réfléchisse un peu sur soi, on est conscient de nos faiblesses et de ce qui peut fâcher ou tendre. Toutefois, une confiance émiettée est très difficile à réparer. On tente comme on peut, on met des bouts de scotch, mais revenir au point zéro semble impossible.
Bien sûr tout le monde n'est pas aussi droit dans ses positions, et parfois on croise la route de gens qui sans scrupules mentent, trahissent et maltraitent les autres en manipulant les situations et les faiblesses des autres avec talent. Nous sommes tous d'ailleurs un peu comme ça, si on a été blessé auparavant, on se défend au présent avec des armes lourdes ou légères.
Nos existences relationnelles sont comme des guerres, faites de stratégies, de discours, d'actions et de coups bas. Mais au final quand on se retrouve face à son miroir, notre confiance est toujours ébranlée et il faut du courage pour retrouver un semblant d'équilibre de notre image. C'est pour ceci je pense que l'on accorde tant d'importance aux relations honnêtes et droites ou simplement cohérentes. Sans ses dernières nous serions bien seuls. Elles existent bel et bien. Et même si j'ai tendance à penser que l'humain n'agit que dans son intérêt propre, ce dernier est pourtant capable de sentiment bon et de douceur à l'égard d'autrui et parfois même à l'égard de lui. Ma vision du monde peut paraître dure et intransigeante mais au final il ne s'agit que de protection. Les blessures infligées lorsque ma parole est mise en doute ou que mon don ne m'est pas retourné, sont des plaies qui me sont difficiles à soigner.
Chacun sa sensibilité. La mienne est grande et voilà pourquoi je suis froide et souvent désagréable. Je n'aime pas les autres et pourtant je les adore car ils m'apprennent chaque jour à me défendre d'avantage et à rester sur mes gardes. Ce qui est triste avec tout ceci, c'est que d'une certaine manière, plus le temps passe et moins je crois en l'abandon de soi.
Je ne crois pas pourtant avoir une vision si négative mais je pense sincèrement que l'on ne peut pas aimer tout le monde, qu'un sourire ne suffit pas, que les méfiances sont saines, que l'on doit écouter nos entrailles et que nous ne sommes que des animaux aux instincts enfouis. Nous devons survivre face aux autres et face à nous même. 
Cependant nous sommes faits de contradictions multiples, et quand soudainement on sent que l'on peut s'abandonner, c'est en oubliant tout ce qui est dit précédemment qu'on le fait. Et c'est une sorte de joie douce et tendre. On trouve cela dans l'amitié, certaines très rares relations amoureuses, dans certaines familles et avec des personnes qui semblent indispensables à notre équilibre. Il est compliqué alors de ne pas décevoir, de ne pas gâcher, le doute est là, toujours, vaillant ou sournois il attend; quand il fait surface il peut faire des ravages. Il faut alors choisir de s'envoler vers une sorte de légèreté, elle permet de respirer mieux, du moins c'est ce que je crois; et c'est après ça seulement que l'on peut avoir la volonté de réparer, de laisser tomber les peurs et de nouveau avancer.
Nos vies sont faites de tout ça et c'est ce tout qui les rend si intéressantes. Devoir chaque jour apprendre un peu plus sur soi sans jamais se laisser aller aux certitudes, en mettant en parallèle le regard de l'expérience avec celui de l'enfant encore capable d'émerveillement. 

05/03/2012

Du lien filial ou comment tenter de comprendre la fin d'un tout

Une soirée tranquille, de la musique, des clopes ( faut vraiment que j'arrête), des idées? Je ne sais pas peut-être... Encore et toujours prise dans le tourbillon du quotidien. Ecrire une fois par mois devient le but de mon arbre mental. Encore et toujours des mots sur ces journées, plus de films, plus le temps, plus de sport, plus le temps; à peine des moments décrochés en dehors de cet arrêt de la pensée. Je fonce sans me retourner, évaporée parfois, solide dans le chemin des traits de crayon sur le bloc notes. Des questions pourtant, dont les réponses traversent les neurones et repartent comme une buée. Sans fondations, elles se transforment en flocons, en cristaux et je les regarde sur la vitre de mon esprit en les laissant filer vers un printemps certain. L'expérience du calme et du sourire est une chose précieuse que je ne pensais pas trouver à ma portée. Evidemment tout ne se fait pas sans tensions. Il y a des situations, des discussions, des rencontres qui crispent, tendent, comme une décharge électrique, un éclair de sensation désagréable mais cela ne reste pas. Les orages sont passagers comme en été. Je n'ai rien à dire mais j'essaie, c'est ennuyeux sans doute. Je m'auto-ennuie parfois avec ma contemplation interne nombriliste. J'imagine donc bien ennuyer les autres... peu importe. Je ne vois pas plus loin que le lendemain ou du moins j'essaie. Je fais des projets à court terme. Je prends conscience de l'immédiat car je n'ai pas le choix et ça me change. Et je fais de la prose de bas étage. 
Voilà une longue introduction sur pas grand-chose, sur ma propre vapeur. Les changements de 2012 continuent, les accidents sont légers et les angoisses qui peuvent survenir ne restent pas, ou du moins pas pour l'instant. Je fais l'expérience de la relation que j'avais oubliée et de la fatigue du travail que je découvre. Tout est normal au final. Cette normalité est douce. 
La semaine dernière je suis allée à un enterrement dans ma famille. C'était triste, les choses de la vie. Mais qu'une messe peut être ennuyeuse! aussi triste que soit la situation, est-on obligé de se prêter à ce spectacle ? Il y avait tout le village présent avec la figure conséquente, un curé qui a enchaîné des poncifs et des chants terriblement faux... et nous on disait au revoir de façon intérieure et sans doute nous étions plusieurs à attendre que cela cesse. Pour ceux qui avaient envie de rendre un hommage public, c'est une bonne chose sans doute, cela permet d'entamer le deuil en quelque sorte. Pourtant dans cette mise en scène ( nécessaire peut-être ) il faut voir les ficelles et les rouages, le scotch du peintre. On allume une bougie, on allume l'encens, on décore le cercueil, on sert des mains, on lit des mots de la bible qui font grincer les dents ( les miennes en tout cas ) on regarde les autres pleurer ( quand nous on ne peut pas pleurer ) on regarde les vitraux... et on se dit à quoi bon... Au cimetière, il y a ce trou ouvert et béant où reposent déjà d'autre membres de la famille, on les cherche du regard mais on ne voit que la terre qui recouvre les autres cercueils. C'est bête à dire mais c'est drôlement paisible un cimetière, j'ai même trouvé certaines tombes très bien faites avec des couleurs et des pierres tombales originales... incapable de me concentrer sur autre chose que ce qui m'entourait en écoutant les chuchotements des gens... "C'est qui cette fille? ah mais c'est la fille du fils qui vient de Divonne...ouh là là comme elle lui ressemble c'est dingue... c'est quoi son prénom, ah ben je l'avais jamais vue"
Je suis un peu anesthésiée depuis la semaine dernière. Derrière les fenêtres de la voiture qui me ramenait chez moi, j'observais le paysage ensoleillé que je connais si bien, celui des Dombes, avec ses étangs , ses arbres, ses oiseaux de toutes sortes, ses villages mornes et je me suis dit qu'une partie de mes gênes venaient de cet endroit et cela m'a aidé à comprendre pourquoi je me sentais vide avec des sensations en gouttes d'eau. J'ai intégré tout ça, ma pensée comme des branches d'arbres qui se gèlent quand les sentiments sont trop forts. Je ne comprends pas toujours ce vide du dedans. Il y a toujours trop de pensées pour ressentir vraiment. Un trou béant recouvert de la terre génétique. 
Je n'ai jamais vraiment compris le lien familial en dehors de celui qui m'est évident et indispensable. Il y a aussi celui que j'invente avec ceux qui me sont chers. Et il y a celui qui m'a été donné par filiation, celui qui parfois m'échappe, au risque de heurter les membres de ma famille qui me liront. Ce n'est pas que je n'ai pas de sentiments mais ils se perdent dans cette terre brassée par nos vies. Je regarde ces autres avec lesquels je partage des informations génétiques et malgré certaines évidences ils me paraissent parfois si loin de moi. Et dans ces moments forts ils me sont proches. Il y a ambivalence, multiplicité du sentiment et ce surplus d'informations vient annuler le tout. L'addition des sensations qui se concentre en une seule goutte d'eau au milieu d'un étang des Dombes.
Le lendemain pourtant, l'information est traitée, mais pas digérée pour autant, elle met du temps. Elle place un nouveau bourgeon sur la branche qui laissera place à une pousse d'idée ou de ressenti.
Ou comment expliquer par une métaphore peu originale quelque chose de simple et qui nous constitue tous. Je tourne en rond, j'ai juste envie de chanter le générique de mon enfance" c'est l'histoire de la vie!!" 
J'arrive au bout de mon article, je regarde la vapeur de la nuit derrière ma fenêtre et je souris en repensant à cet autre générique " l'aventure des plantes". Rien ne peut entamer l'espoir que je ressentais quand j'entendais cette musique alors que je ne comprenais pas le sens de tout ça. J'en avais un pressentiment sans doute, celui que j'allais aimer certaines personnes et d'autres pas. C'est cette possibilité du choix qui fait que je ne crois pas à la fatalité, laquelle pourtant nous reviens toujours en pleine figure quand on doit traiter en famille l'information de notre propre fin. Dans ces moments je me sens comme un héron sur un étang des Dombes, je m'envole pour voir si la terre est plus fertile un peu plus loin, un peu plus humide et propre à la vie.


06/02/2012

De la difficulté d'être régulière ou comment ne pas abandonner mon blog

Jeunesse se passe et je m'y fait... Mon blog est en pleine crise d'adolescence face à ma nouvelle vie d'adulte; voilà plus de 5 semaines que je n'ai rien écrit, voilà plus de 5 semaines que ma vie a changé radicalement. Au tout début de cet exercice, il était question de critiques de films, de pièces...voilà qu'au final il ne s'agit que de mots utilisés dans le sens de l'expression, peu importe le support mis en avant pourvu qu'ils sortent. J'ai découvert tellement de nouvelles choses ces derniers temps que ma structure interne en perd toute sa rugosité. C'est un peu comme si ma peau devenait plus lisse vue le nombre d'informations qui me glissent dessus. Et au final, le plus étrange c'est que c'est cette perte d'accidents intérieurs qui m'empêchent d'être régulière. C'est compliqué tout ça non?... un peu...je ne sais pas, mais à cet instant pour moi, ça coule de source.
Je n'imaginais pas que cette nouvelle année apporterait tant de nouveauté, j'essaie donc d'en profiter sans me poser trop de questions et en m'efforçant d'accepter le principe de construction que cela amène. 
Le travail tout d'abord. Je suis rentrée dans une organisation fort passionnante au sein de laquelle j'apprends chaque jour combien notre société a tendance à broyer les êtres dans leur travail. Cela n'est certes pas une découverte, mais le concret des situations des gens auxquels je suis confrontée me bouscule avec force et intérêt. Il y a tant de choses à faire et à mettre en place pour propulser au premier plan le respect de l'autre comme un fait évident, que je ne sais pas très bien par quoi commencer pour me frayer un chemin dans ce projet. Malgré tout je suis motivée comme rarement et bien que travailler à 100% aille à l'encontre de ce type de démarche, je ne suis pas prête de l'abandonner. Oui parce que travailler c'est quand même pénible, même si c'est pour permettre aux autres de vivre mieux le leur.
Ce n'est évidemment pas non plus une découverte, mais les journées sont longues et à la fois très courtes. On redécouvre l'ennui global amené par le maintien de l'économie domestique, comme cette panique ridicule le jour de lessive, la rage de cette tasse non lavée et de ce linge qui traine, symptôme de cette course quotidienne pour le maintien de notre régularité. Quel ennui...Quand je faisais l'artiste/serveuse, cela ne prêtait pas à conséquences réelles, ça allait dans le décors. Mais à présent que je me mange des conventions collectives de travail et du code des obligations, le linge sale ressemble à un glacier à parcourir en baskets, ça fait tâche dans l'organisation d'adulte. Autre chose, avant le travail, j'écrivais à 5heures du mat', là il est 23h30 et je me dis qu'il faut que je me dépêche si je veux au moins dormir 6 heures et surtout écrire un texte pas trop mauvais, mais comment faire en baillant toutes les 2 minutes. L'omniprésence du temps, de l'horloge du dedans, de cette fausse découverte, de cette prise de conscience de ce dont mes amis me parlent depuis tant d'années et que j'ai toujours fait semblant de comprendre...
Je ne me plains pas, je constate naïvement et presque bêtement. Et je regarde mon maillot speedo abandonné et je pense à la piscine où je ne prends plus vraiment le temps d'aller.
D'un autre côté, j'aurai attendu mes 33 ans pour me sentir un peu entière, et ce n'est pas seulement grâce au travail que je ressens ça. Il m'aura fallu rencontrer quelqu'un d'imprévu et désarmant pour me faire ressentir à nouveau comme à 15 ans. Je porte donc au quotidien des heures de bureau le masque de la trentenaire active, mais dès le début de la soirée je sautille jusque chez moi pour aller danser sur du funk. C'est comme une sorte de balance qui pèse les choses à leur juste poids. L'âge, le temps, ne sont rien d'autre que des nombres. Seul compte alors ce souffle, cette énergie et ce sentiment d'apaisement. Alors quand je prends le temps de réfléchir à tout ça, j'ai peur bien sûr que ça s'arrête, que ça se déchire ou que ça brûle, que mon contrat arrive à échéance. Comment faire pour équilibrer les accidents avec ce qui est droit? Pas de réponse, seulement de nouvelles questions jetées dans la balance. Mais une chose est certaine, les envies prennent forme comme le trombone que je déplie quand je suis au téléphone pour le travail ou comment insuffler à cette vie d'adulte bureaucratique un peu d'artistique. Il me suffit alors de penser à de l'ambre à travers lequel passe la lumière, et mes yeux deviennent bioniques et je souris en attendant de retourner danser.










22/11/2011

Se protéger ou de la problématique de l'éponge

Voilà bien longtemps que je n'avais pas laissé les mots se bousculer pour faire un texte. Mais voilà il y a des périodes où tout se précipite et prendre le temps de faire le tri paraît être un luxe qu'on ne peut pas prendre. Pour ne surtout pas faire court, ses deux dernières semaines ont été particulièrement encombrées voire "Hardcore. L'endroit où je travaillais est le théâtre d'une tragédie grecque depuis plusieurs mois, et il y a deux semaines de ça, l'intrigue a atteint son paroxysme tragique et dans une telle situation même Freud en aurait perdu son latin (ou son grec). Il a donc fallu réagir, gérer, entourer, protéger; tous les personnages de l'histoire se sont retrouvés dans un véritable "boot camp" quasi syndicaliste pour les uns, wagnérien pour les autres. Si notre Pologne a été envahie, la guerre n'est pas terminée et la pièce n'a pas fini de dérouler ses actes qui s'écrivent au jour le jour. Pour quelques uns d'entre nous la pièce est achevée, mais pour les personnages principaux le dénouement paraît encore bien loin. Nous en sommes tous spectateurs à présent et attendons la conclusion avec impatience. De cette manière, les personnes que nous aimons et qui se retrouvent piégées dans une intrigue mal écrite, pourront peut-être enfin changer d'auteur et recommencer une nouvelle histoire bien loin du répertoire tragique. Il y a quelque temps de ça, j'écrivais que prendre soin de moi me permettait de prendre soin des autres; j'en ai fait l'expérience empirique ces dernières semaines et il a m'a fallu échapper à un de mes travers les plus polluant, faire l'éponge. Car non, ma peau n'est pas imperméable malgré les kilomètres de piscine que je fais chaque jour, les gouttes de problème des autres passent mon épiderme et me rendent nauséeuse. Les personnes que je croise et qui ne me connaissent pas estiment souvent que je suis froide, hautaine et désagréable...ils ont souvent raison d'ailleurs, je n'aime pas particulièrement mon prochain, ou du moins j'aime les personnes que je choisis d'aimer et les causes pour lesquelles je choisis de me battre. Sans mettre cette barrière sociale, j'ai tendance à récupérer des choses que je ne veux pas et qui me font mal. Ainsi l'auto protection est devenue un de mes sports favoris, j'en ai établi mes propres règles et essaie de les appliquer tant bien que mal. Pour mes amis, je me battrai toujours, pour une certaine justice sociale, je me battrai toujours; pourtant chaque jour mes beaux principes sont mis au défi. Dans le brouillard épais de ces deux dernières semaines, j'ai quand même pu fêter mon anniversaire dans une certaine joie, j'ai été gâtée et grâce à mes amis, nous avons pu faire une parenthèse comique et heureuse pendant quelques heures. Mais voilà quelques jours plus tard, alors qu'avec mon amie et voisine nous rentrions d'un repas, nous nous sommes faites agressées dans la rue par trois personnes particulièrement vindicatives. Mon sac me fut arraché, mes affaires jetées à la gueule pour finir au milieu de la route, puisque rien de son contenu n’intéressa mon agresseur. La suite est logique, appel aux flics, 3heures à l'hôtel de police, reconnaissance de l'agresseur derrière une vitre sans tain, apprendre qu'il n'a en fait que 18 ans et vient du Congo et qu'il est connu des services, s'entendre dire par le flic que les ressortissants d'origine africaine ont développé une résistance physique au spray au poivre et que ça ne sert pas forcément à quelque chose de s'en servir et terminer cette soirée raccompagnées dans une voiture de patrouille chez nous, dans les larmes, le choc et le rire mal à l'aise, ne sachant plus à quelle justice sociale se vouer; les principes ébranlés, essayer de comprendre notre malaise et nous endormir dans un brouillard mental bien décidées malgré tout à ne pas changer notre regard sur le monde qui nous entoure et à ne pas marcher le soir la peur au ventre, un nouveau défi. Quelques jours plus tard un ami m'a envoyé un lien pour regarder le reportage de l'émission "Temps présent" intitulé "les dealers ont pourri mon quartier"... ce reportage est terriblement mauvais et ne sert à rien, il n'explique rien, est putassier et voyeur et décrit notre quartier comme s'il s'agissait d'un arrondissement de Paris, alors qu'on vit à Lausanne les gars! Et puis le terme "pourri" est particulièrement intéressant et paraît ne choquer personne ou presque..."pourri"...voir l'autre comme une pourriture potentielle...même victime d'une agression je ne peux cautionner un tel vocabulaire. Même vaguement misanthrope, je ne peux accepter un parti pris aussi extrême. Il revient à accepter certaines idées politiques violentes, il revient à rejeter toute tentative de compréhension, il revient à me placer dans la peur et je le refuse. Il revient aussi à oublier le principe économique de base de "l'offre et de la demande"... J'en reviens donc au thème de mon post, se protéger sans faire l'éponge, défi personnel large, bataille d'une existence, ambivalence du regard porté sur ce qui m'entoure et sur les acteurs de nos histoires. Je n'ai pas de réponse, pas de conclusion. Afin pourtant de terminer ma pensée aujourd'hui j'emprunterai les mots de Shakespeare dans le "Songe d'une nuit d'été" et de son  personnage Puck:
"Si nous, légers fantômes, nous avons déplu,
Figurez-vous seulement (et tout sera réparé),
Que vous avez fait ici un court sommeil,
Tandis que ces visions erraient autour de vous.
Seigneurs, ne blâmez point
Ce faible et vain sujet,
Et ne le prenez que pour un songe :
Si vous faites grâce, nous corrigerons.
Et comme je suis un honnête Puck,
Si nous avons le bonheur immérité
D'échapper cette fois à la langue du serpent [Les sifflets.],
Nous ferons mieux avant peu,
Ou tenez Puck pour un menteur.
Ainsi ; bonne nuit à tous.
Prêtez-moi le secours de vos mains si nous sommes amis
Et Robin vous dédommagera quelque jour.
(Il sort.)"
Ainsi, quelques soient les intrigues, spectateurs ou acteurs, l'histoire se poursuit; je ne m'indigne pas, je dysfonctionne seulement de façon auto apprivoisée face au monde...mais pas tout le temps.